L’homme de la situation

J. Savoye

Il n’est sans doute pas exagéré de le placer au rang de ceux à qui l’on doit tout ou presque dans le développement du Requin en France. Cet homme, c’est Jean Savoye. 2009 marque le 75e anniversaire de sa mort.
C’est d’ailleurs toute l’ironie de l’histoire. Cet homme, très investi de manière générale dans le développement du nautisme en France avant guerre, n’aura même pas eu le temps de vivre les premières heures de navigation du Requin sur nos côtes. Alors qu’il l’aurait bien mérité.

Jean Savoye est mort en juin 1934, tout juste deux mois après avoir publié un argumentaire bien construit en faveur de celui que l’on appelait le HAJ. Quand il s’agit d’introduire une nouvelle classe, l’homme connaît son affaire. Il a participé activement au développement du Chat et du Star, pour ne citer que les plus connus.

S’appuyant justement sur le succès de ces séries, crédible quand il s’agit de rendre un avis, Jean Savoye écrit en avril 34, dans un bulletin du CVSM, que « semble apparaître la nécessité d’un nouveau bateau » dont le rôle serait de remplir et de répondre à des besoins inassouvis par les autres séries. Et c’est là que l’histoire bascule : « J’ai pensé, après mûres réflexions, à l’adoption d’un cruiser rapide, très rapide, habitable, suffisamment habitable, solide, bien lesté, dans le genre du H.A.J. de l’architecte Gunmar Stënback ».

Ce bateau pour Jean Savoye a toutes les qualités pour satisfaire ceux que « l’âge et certains craquements de jointure ont fait quitter la régate », comme ceux qui veulent « passer d’heureuses vacances à naviguer avec la femme et le mioche ». Sic !

Toujours est-il que séduit par cet argumentaire, Alfred Parent, secrétaire général du CVSM, complice et ami de Jean Savoye, commandera en juin de la même année le premier Requin français. Il sera imité en cela par le Dr Chatel, président du club.

Sire de Framboisie et Joli Cœur leur seront livrés quelques semaines plus tard, en juillet. Les premiers Requin d’une longue série. Comme le disait de façon prémonitoire Jean Savoye, malheureusement décédé avant cette livraison : « l’heure du cruiser rapide et habitable a sonné à l’horloge des heures révolues ».

 

Un commentaire

  1. Très intéressant d’avoir un peu plus de renseignements sur un de nos ancêtres, pas si éloigné que ça ! C’était quand même un original dont j’avais un peu entendu parler…
    L’idée est très bonne d’en parler !