Avoir son Requin pour voisin de plage

Requin 485 - Taol posé sur le sable

Qui un jour n’a pas rêvé d’avoir son Requin juste en face de sa maison, ou l’inverse ? Ghislain, propriétaire du Requin Taol, en a rêvé effectivement. Et il l’a fait. Explications de l’intéressé. Photos à l’appui.

Ghislain Viellard : Pendant de nombreuses années, je retenais un mouillage au club de Dinard pour 2 semaines en août, jusqu’au jour où ça n’a plus été possible. Alors, depuis 2006, je mets mon bateau à l’ancre, devant notre maison de famille dans la baie de Rothéneuf, entre Saint-Malo et Cancale. Cette baie se vide à marée basse, si bien que mon bateau est échoué la moitié du temps.

Pour ça, j’ai acheté une ligne de mouillage surdimensionnée, c’est à dire une ligne pour un bateau de 10 mètres et de 5 tonnes ! Elle est constituée d’une ancre FOB HP de 16 kg, de 16m de chaîne – diamètre 10 mm – et d’un câblot d’un diamètre de 16mm. Arrivé au bateau, il se divise en deux, avec un bout frappé sur un taquet et un autre bout au mât.

Quand j’arrive sur place, vers le 8 août, après le National, je mets ma ligne de mouillage dans une brouette et je vais enterrer l’ancre à marée basse, dans la baie, sur le côté pour ne pas gêner l’école de voile, à environ 400 m. de chez moi.

Tous les jours je vais faire un tour pour vérifier que tout est ok. Le bateau s’échoue en commençant par piquer du nez, puis il se couche sur le côté.

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Il y a néanmoins deux inconvénients. Le premier est qu’il faut refaire l’enduit de fond de quille et l’antifouling tous les ans. Le deuxième est que le safran a tendance à remonter et à venir s’appuyer contre la voûte arrière du bateau, limitant ainsi sa marge de manoeuvre. De la vase vient se mettre dans le logement du bas, dans le palier de la quille, et il est impossible alors de faire redescendre le safran (cf. dernière photo du diaporama ci-dessus). Avant de faire une balade, je suis donc obligé de manoeuvrer le gouvernail en faisant des allers-retours avec la barre pour que le safran retrouve son angle d’ouverture.

A la fin des vacances, je reprends ma ligne de mouillage, je rince l’ensemble et remise le tout dans mon garage.

Jusqu’à maintenant personne ne m’a empêché de procéder de cette façon. Et je dois dire que c’est vraiment super d’avoir son bateau devant chez soi.

7 commentaires

  1. Jean-Yves C. on

    Salut Ghislain,

    Si tu ne veux pas avoir quelques morts de Requin sur la conscience, il faudrait peut-être que tu précises que ton plan d’eau est très très bien abrité.

    Je confirme, après avoir également mouillé Harpaye une saison devant chez moi à Lancieux, que le problème du safran est réel. Et pour nous, ça a coûté un safran complet à l’assureur (problème qui à priori ne devrait pas exister sur les bateaux bois).

    @+

    JYC

  2. FRANCOIS TALLOT on

    Bonjour une fois,
    je ferais une remarque de néophyte du Requin : pourquoi ne pas béquiller le bateau avec 2 ou même 3 béquilles ( la 3° b. fixée sur la tableau arrière ) ? FRANCOIS de La Trinité / mer

  3. Stéphan J. on

    @François,

    la méthode du béquillage est effectivement une solution. Malheureusement, le Requin n’apprécie pas trop la chose à la longue. Une béquille de chaque côté permet de maintenir le bateau latéralement, mais le contraint alors à reposer sur l’avant. Le poids qui pèse alors sur cette partie entraîne un risque de déformation du brion.

    Quant à une 3e béquille sur le tableau arrière, ce serait inutile puisque le centre de gravité du Requin est tel que la coque plonge inexorablement vers l’avant.

    Merci d’avoir partagé votre réflexion sur le sujet.

  4. J’ai de nouveau échoué mon requin une dizaine de jours devant chez moi cet été.
    Cette année le safran n’a pas bougé et n’est pas remonté.

    J’avais allégé l’arrière en ne mettant plus mon moteur dans le coffre arrière et j’ai mis un bout autour de l’axe entre le safran et la voute (idée qui m’a été donnée lors du National par Jean-Pierre Sauvage) pour empêcher le gouvernail de remonter.

    Ghislain

  5. Ghislain, je vois que ton bateau est du côté « Lupin », et non pas côté « Port », et, de fait, le coin est moins abrité.
    La photo principlale inclinée à 45°, angle de couchage du bateau, est vraiment superbe.
    Je vais passer à la contemplation des autres photos qui augurent d’une très belle esthétique. Et peut-être tomber sur une video avec tes filles. Qui sait?
    A bientôt,
    Yvon

  6. Bonjour
    J’envisage le mouillage forain sur béquilles avec IZENAH( ex RASCAL ) l’été prochain dans l’anse du PO au fond de la baie de QUIBERON
    Mais qu’en est il des Affaires Maritimes ? est ce qu’ils sont plus tolérants avec l’occupation de domaine maritime lorsque le fond découvre ?
    Dans mon cas , IZENAH sera à flot un tiers du temps selon les coefficients .
    Pour avoir été verbalisé à tort l’été dernier alors que j’étais au mouillage sur ancre devant la plage de CARNAC , je me méfie du zéle de ces gens .
    MICHEL

  7. François T. on

    réponse à Michel : la Trinité, Carnac, Le Po, tous ces sites dépendent de la DDE maritime à Lorient ; pour y passer l’été même en zone d’échouage, il faut obtenir une autorisation, une AOT. Les place sont rares et réglementées, elles entrainent le paiement d’une redevance annuelle.
    Le site classe-requin pourrait-il nous remettre les plans de ber flottant ou de ber submersible, ce que les Anglais appellent… « sinkable yacht cradles »,
    cela peut m’intéresser pour mon voilier de la série H Boat 8m30 / 1400 kg qui se couche à marée basse comme pour le Requin Viellard à Rothéneuf. Le plan paru dans le N° 37 / 2007 de votre revue n’était pas trés lisible