« Les conseils de Pascal » : bien régler son mât

Vous allez régulièrement retrouver dans nos colonnes, les recommandations techniques de Pascal Civel, Champion de France en titre, nouveau Capitaine de la flotte des Requin Beaulois et membre du CA du YCLB.
Premier volet : bien régler son mât.

Comment obtenir le bon réglage du mât de notre requin ? C’est un mât souple contrairement à un mât de croiseur classique. Ce type de gréement a l’avantage de nous donner la possibilité de faire varier sa forme et donc d’adapter la puissance de la grand voile en fonction des conditions de navigation. Il est donc important de prendre un peu de temps à bien le régler.

Nous pouvons déjà vérifier avant le mâtage les différentes mesures données par le plan du gréement.

La position antérieure postérieure du mât est définie sur le pont par l’étambrai, limité par des barreaux de pont renforcés définis dans la jauge.

Nous ferons en sorte de le positionner sans, ou avec très peu de quête arrière. On ajuste alors la longueur de l’étai et la position du pied de mât sur la quille. Les haubans sont ensuite réglés de façon à avoir un mât droit en latéral. Il faut vérifier tout cela tranquillement et prendre des repères de façon à répéter ces réglages rapidement à chaque nouveau matage. Il existe des tensiomètres qui permettent de vérifier la tension que l’on met dans les haubans. Nous serons alors certains de partir sur les mêmes bases de réglage.

Pour connaître la tension des haubans et bas haubans il faut vérifier cela en navigation. Avec un vent moyen de 8 noeuds environ au près, il faut veiller à avoir le mât le plus droit possible en latéral. Vérifiez la forme de votre mât en regardant vers le haut depuis le pied du mât sur le pont.

Evitez d’avoir le mât qui cintre trop au vent au niveau des barres de flèche. Si c’est le cas : les bas haubans sont trop tendus ou les haubans ne le sont pas assez.

Le haut du mât au-dessus du capelage est contrôlé par la tension du guignol : moins il y a de guignol plus le haut du mât va pouvoir cintrer, ouvrir le haut de la grand-voile, donc diminuer la puissance au près et l’aptitude au près serré.

A vous de juger. Certains mâts possèdent des guignols réglables depuis le cockpit qui vont permettre d’adapter ce cintre du haut du mât. C’est un réglage supplémentaire qu’il faut bien utiliser. Je n’ai pas installé ce système sur Rex. Ce travail peut prendre un peu de temps mais c’est important. Prenez bien vos repères pour avoir un réglage de base satisfaisant et reproductible.

Après le réglage latéral, nous allons avoir la possibilité de contrôler le cintre antéro-postérieur. En gros plus vous cintrez le mât plus vous aplatissez la grand voile et réduisez sa puissance.

La surface de voile du requin est relativement importante et le bateau gîte très vite. Il perd alors sa vitesse, dérive beaucoup et devient difficile à contrôler, il faut donc pouvoir ajuster la puissance au près afin de garder un bateau maniable. Le cintre maximum pourra être contrôlé par des cales placées en avant du mât au niveau de l’étambrai.

En navigation, le mât va déjà cintrer sous l’effet de l’écoute de grand voile bordée au près. Les bastaques vont tendre l’étai, ouvrir la chute du génois et avoir aussi une petite action sur le cintre. Le pataras va ouvrir le haut de la voile, diminuer la puissance et avoir une action sur le cintre. La puissance de la grand voile pourra donc être adaptée, en fonction de la force du vent, avec les tensions plus ou moins importantes des bastaques et du pataras. D’où l’intérêt d’avoir des systèmes de réglages puissants, résistants et facilement utilisables en navigation.

Par vent faible, il faudra au contraire garder un maximum de puissance et évidemment réduire toutes ces tensions. Des marques sur les bouts de bastaques et pataras permettront de retrouver les réglages rapidement après un virement pas exemple.

En résumé :

  • placer le mât sans quête arrière ou très peu,
  • régler les haubans de façon à avoir le mât droit en latéral avec la tension de base,
  • vérifier en navigation la bonne tension des bas-haubans et du guignol,
  • adapter le cintre maximum du mât avec des cales (plus il y a de vent plus le mât peut cintrer et inversement),
  • adapter la puissance de la grand voile avec une tension plus ou moins importante des bastaques et du pataras,
  • regarder régulièrement la forme du mât pour s’assurer du bon réglage.

Au portant, le mât doit être le plus en avant possible. Il faut donc relâcher le pataras et les bastaques de manière à avoir le mât droit mais surtout sans cintrer à l’envers sous l’effet de la traction du spi et du calage de l’étambrai (risque important de casse surtout par vent fort). Un noeud qui bloque le bout du patatras dans le taquet à la bonne longueur va éviter le risque de laisser partir la tête de mât trop en avant.

Voilà j’espère que ces explications vous aideront à effectuer le bon réglage de votre mât et je vous souhaite de belles navigations pour cet été.